Pedro Calderon - La Vie Est Un Songe

Aller en bas

Pedro Calderon - La Vie Est Un Songe

Message  raoul31 le Lun 1 Mai - 18:43

La vie est un songe

Pedro Calderon de La Barca est né à Madrid en 1600 dans une famille de la noblesse de Castille. Il a écrit 120 comédies et 70 autos sacramentales. Dès 1620, il s’adonne à la poésie pour laquelle il remportera plusieurs prix. Ses premières pièces (1629) éblouissantes comédies de cape et d’épée, telle “La dame fantôme” et tragédies, telle “Le prince constant” remportent un vif succès.
La vie est un songe est la pièce mythique, la plus célèbre du théâtre classique espagnol, réputée injouable par certains tant elle comporte de pistes et de chemins à explorer, la Vie est un Songe (1635) est à coup sûr un sommet de la dramaturgie dite “baroque”, qui inspira toutefois bien des romantiques.
Quels éléments rattachent ce texte au mouvement Baroque ?

I- L’expérience de Sigismond

. Présence du thème de l’illusion :
- « Songe » répéter 16 fois
- utilisation du mot « illusion » (renforcement par rapport à « songe »)
- Expérience du « songe » par Sigismond vécu de manière négatif (« délire » L’35, « monde si étrange » L’6, « ombre […] fiction » L’37, le nom « délire » appartenant au domaine de la folie)
- Idée renforcé par la syntaxe avec l’emploi de tournure négative (« n’est rien d’autre » L’7, « nul ne s’en rend compte » L’30) et la restriction («peu de chose » L’38)
⇨ le fait d’avoir endormi puis réveillé à plusieurs reprises rend Sigismond sensible à sa situation : il semble vouloir montrer que ce qui l’entour n’est pas la réalité et que cette succession d’ « expérience » (L’Cool est vécu de façon désagréable ; il en arrive finalement à formuler un constat plutôt pessimiste : « la vie n’est qu’un songe », c'est-à-dire que tout le monde change sans cesse à tel point qu’il ne sait plus où est la réalité (théâtre du monde présent chez Shakespeare).
- la présence des répétitions du mot « songe » permet d’indiquer que Sigismond est obsédé par cette expérience.

Ce constat sur le caractère illusoire de l’existence des êtres vivants conduit le personnage a une conclusion plus sur la condition humaine.

II- une réflexion sur le monde et son existence

. La réflexion de Sigismond va s’appuyer sur différent aspect de la vie humaine : il développe un monologue à caractère argumentatif.
. Pour mener son monologue, il utilise différent procédé ; la réflexion suit une organisation particulière :
- L 1 à 6 : réflexion mener à la 1ere personne du pluriel. Le « nous » est ambigu, il semble renvoyer à Sigismond seul comme si le personnage associer dans ce pronom sa vie réelle et sa vie en rêve.
- L 7 à 30 : énonciation à la 3e personnes qui va développer une série d’exemple destiné à illustrer le résonnement du personnage.
- L 31 à 35 : retour à la 1ere personne pour s’intéresser à sa situation particulière.
- L35 à 40 : sorte de conclusion à la 3e personnes.
. L’énonciation à la 3e personnes possède ici un caractère généralisant :
- emploie d’article défini (« le roi » L’11, « le riche » L’21, « le pauvre »L’23)
⇒ Ces articles permettent de désigner des catégories humaines de façon globale.
- l’anaphore L’25 à 27 de l’expression pronominal et démonstrative, « celui qui »,possède une valeur globalisante.
- L’adjectif « tous » L’29 possède la même valeur
⇨ à travers ses exemples, Sigismond procède à une énumération de divers états de la condition humaine visant à souligner le fait que son expérience individuelle du rêve et de l’illusion peut être valable pour l’ensemble des hommes. Cette idée est présente jusqu’à la ligne 9. La situation est donc censée éclairer le spectateur et le lecteur sur sa propre condition.
- La généralisation est également présente à travers l’emploi du présent de vérité générale (« nous habitons » L’9, tous songent ce qu’ils sont » L’29)
⇨ Au même titre que les démonstratifs, les articles et les catégories humaines, ce présent est destiné à renforcer la réflexion en soulignant que le constat effectué par Sigismond est toujours valable.

A travers ces procédés, le personnage cherche à exprimer ce qui pour lui constitue une sorte d’inquiétude, d’angoisse. Le fait d’avoir été endormi puis réveillé plusieurs fois fausse son rapport à la réalité, interpelle sa raison comme si son esprit été incapable de discerner le vrai du faux. Cette expérience le conduit donc à dénoncer la condition de vie, il considère que les différents états dans lesquels nous nous trouvons sont illusoires -> pour lui, richesse, pauvreté, pouvoir, sont incertains, fugaces. Cette réflexion possède une dimension philosophique.

. Cependant ce constat plutôt pessimiste ne laisse pas le personnage dans la passivité ; plusieurs éléments soulignent la prise de décision, la volonté d’agir :
- à la ligne 1 : emploi de l’impératif « réprimons » -> indique son désir de mobilisation et sa volonté de contenir les sentiments qu’il semble éprouver.
- A la ligne 5 : l’expression « c’est décidé » et le verbe d’action au futur « nous agirons »
⇨ Ces procédés semblent montrer que Sigismond n’entend pas se laisser dominé par le malaise provoquer par ses différentes expériences.

Sigismond propose donc une réflexion philosophique et morale qui met en évidence l’illusion dans laquelle les hommes évoluent.

CONCLUSION : Le thème de l’illusion présent chez Shakespeare est ici approfondi par Calderon. L’ensemble du passage contitue finalement uen sorte de réflexion sur les vanités de l’homme : l’être humain pense en effet vivre, aimer, diriger…, alors que pour Sigismond, il semble s’agir la que d’illusion. La question philosophique posé L’35-36 «Qu’est ce que la vie ? » trouve une réponse négative à la fin du passage. Calderon reprend ici le thème antique de la fugacité de la vie (l’existence passe rapidement alors que l’homme s’attache à des choses sans importance au lieu de s’interroger sur le sens profond de l’existence). Ce thème que l’ont retrouve également dans la bible « ne mento mori » (souvient toi que tu est mortel), « pulvises » (tu est poussière) vise à montrer que tout la vie humaine repose sur des valeurs trompeuse, rendu précaire par la mort. D’un thème à priori rabattu et qui semble constitué une sorde de lieu commun, on passe ici à une réflexion philosophique.

_________________
L'eau ça mouille, et en plus c'est humide.
avatar
raoul31
Modérateur

Masculin Nombre de messages : 648
Age : 30
Date d'inscription : 29/09/2005

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum